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du Musée de l'Infanterie.
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  LE 250E ANNIVERSAIRE DE FONTENOY 1745-1995

Colonel Michel HANOTEAUX, membre de la Sabretache


    Le roi Louis XV, en guerre depuis quatre ans contre une coalition anglo-autri­chienne, s’est laissé persuader de déplacer la guerre d’Allemagne vers les Pays-Bas, où les Anglais envoient une armée alliée d’Anglais, de Hanovriens et de Hollandais sous le duc de Cumberland.

     Le 11 mai 1745, l’armée française com­mandée par le maréchal de Saxe, ren­contre les alliés à 7 kilomètres au sud-est de Tournay, sur le plateau de Fontenoy. Bataille interarmes, où la cavalerie et l’artillerie ont joué un rôle important, Fontenoy n’en est pas moins un grand jour pour l’infanterie française. De 5 heures du matin à 8 heures 30, les attaques alliées échouent, les Hollandais de Waldeck à Antoing, les Écossais d’Ingoldsby au Bois de Barry, les Gardes anglaises de Cumberland au village de Fontenoy.
L’infanterie exécute des salves meurtrières qui se joignent au feu de l’artillerie; l’infanterie ennemie s’arrête. On doit noter le rôle de notre infanterie légère, alors une nouveauté au Bois de Barry. Les Arquebusiers de Grassin sur­prennent les Écossais et les affaiblissent par un feu à volonté. Cumberland, que sa cavalerie n’a pu suivre forme une colonne « infernale » de 15 000 fantassins. Elle débouche Gardes anglaises en tête, devant les Gardes françaises.
C’est l’épisode que tout le monde connaît : « Messieurs les Français tirez les premiers ». Les Gardes françaises, fusillées, se replient. La colon­ne infernale avance inexorablement quoique soumise sur trois faces au feu de l’infanterie et de l’artillerie. En vain nos bataillons d’Aubeterre, de Royal, de Hainaut, de Soissonnais, décimés, privés d’une partie de leurs officiers, tentent des contre-attaques. À 10 heures, nos pre­mière et deuxième lignes d’infanterie sont rompues et bousculées. Saxe, alors, entre 10 heures et 14 heures, lance ses soixan­te-huit escadrons. Ceux-ci sont fauchés par les terribles salves des alliés mais ces derniers sont freinés puis immobilisés.
L’infanterie française, sous les yeux du Roi et du Dauphin, dont ce sera la dernière apparition sur un champ de bataille, s’est ressaisie : les débris des bataillons sont remis en ordre. Emmenés par Lowendhal, la Brigade irlandaise, Royal des Vaisseaux, Normandie enfoncent la droite anglaise, Biron lance La Couronne, Le Roi, Aubeterre, Royal contre la gauche.
Saxe prend la garde rapprochée du souverain, la cavalerie de la Maison du Roi, et fonce sur le centre. La coopération interarmes joue parfaitement. Sabrées, bousculées, les infanteries alliées refluent ; les Gardes écossaises et anglaises se mettent en retraite dignement, abandonnant 7 000 morts et blessés, mais pas un seul drapeau. Cumberland retraite sur Ath, ayant perdu 10 000 hommes. De notre côté manquent 6 000 hommes, dont plus de 400 officiers et 7 généraux tués.
Les places fortes tombent les unes après les autres. Les Pays-bas autrichiens s’ouvrent devant l’armée du roi de France. L’infanterie française représentée à Fontenoy par 32 régiments dont les traditions ont été conservées par vingt régiments d’infanterie1 peut placer Fontenoy à côté de Rocroi et de Denain parmi ses journées de gloire. Le colonel Hanoteaux, Saint-Cyrien, breveté, a commandé le 5e RI (Navarre). Il nous fait part du fruit de ses recherches sur notre infanterie du XVIIIe siècle.

     À l’occasion de cet anniversaire, il a bien voulu présenter dans le Bulletin du Musée un état succinct de l’infanterie qui fut à Fontenoy. Qu’il en soit remercié. (Présentation de l’article par le colonel (er) Pierre Carles, conservateur du Musée et rédacteur en chef du Bulletin)…(Bulletin 1er semestre 1995 N° 28)

(1)Gardes françaises (102e, 103e, 104e), Gardes suisses, Piémont (3e), Normandie (9e), Crillon (15e), Auvergne (17e), Le Roi (105e), Royal (23e), Dauphin (29e), Touraine (33e), Eu (37e), Soissonnais (40e), Royal vaisseaux (43e), La Couronne (45e), Aubeterre (49e), Hainaut (50e), Beauvoisis (57e), Bettens (63e), Trainel (74e), Penthièvre (78e), Angoumois (80e), Diesbach (85e), Courten (86e), Dillon et Bulkeley (87e), Clare et Berwick (88e), Rothe et Lallly (92e), Royal Corse (78e), Biron, Nivernois plus Arquebusiers de Grassin.