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  DES ARCHERS AUX GRENADIERS VOLTIGEURS

Lieutenant-colonel (er) Jean-Pierre RENAUD, président du CHMEDN


    Il y a quelques mois, nous faisions le point sur l’évolution des effectifs de l’Infanterie pour la période 1829-2002 (1).
Une erreur s’était glissée à propos de l’appellation du Groupement cynophile que nous n’avions pas nommé (132e GCAT), il s’agissait d’un Groupe et non d’un Groupement donc l’équivalent d’un Bataillon.
Le 132e GCAT est d’ailleurs devenu le 132e Bataillon Cynophile de l’Armée de Terre depuis le 1er juillet 1999. Nous remercions notre fidèle lecteur qui a bien voulu nous faire part de ce rectificatif.

     Puisque nous sommes dans les appellations, nous nous proposons de revenir sur quelques-unes d’entre-elles concernant l’Infanterie. La terminologie de l’Infanterie est riche.Nous pouvons, par exemple, en faire une approche par le biais des emplois ou des unités.
Aujourd’hui, nous ébaucherons une étude de la terminologie attachée aux fonctions du fantassin, terme générique qui en­globe l’ensemble des militaires de l’Infanterie. Passant en revue cette terminologie des fonctions ou emplois du fantassin, nous rappellerons quelques données sur l’armement car la terminologie de l’armement a été pendant de longs siècles indissociable de celle des fonctions : en quelque sorte l’armement crée la fonction.
Nous n’avons pas la prétention d’être exhaustif: il y aura bien un oubli! Enfin, ce qui complètera notre article précédent «L’infanterie française de 1829 à 2002. Évolution des effectifs», nous donnerons quelques données sur les effectifs, en parcourant à grands traits la période du XIIe siècle au Premier Empire.

     De la piétaille, routiers, cote­reaux aux écorcheurs, reton­deurs et autres houspilleurs... Selon leur armement, les fan­tassins ont été appelés archers et arbalétriers dans les armées féo­dales. L’arc est abandonné en 1139 pour l’arbalète ; elle tire trois traits (sagettes, carreaux et viretons) (2) au lieu de dix flèches pour l’arc et pose des problèmes en cas de pluie (distension de la corde).
Mais toute la piétaille appelée aussi ribau­daille, truandaille ou coque­naille, ce qui nous montre l’esprit de considération que l’on portait aux fantassins d’alors, n’est pas équipée d’arcs ou d’ar­balètes : épieu, hache, masse-d’armes, faux, fauchart (ou fau­chard, arme d’hast dérivée de la faux, XIIIe - XVe s.) et vouge sont nombreux.

     On attribue à Guillaume, duc de Normandie, l’idée de solder les volontaires qui devaient l’ac­compagner dans la conquête de l’Angleterre en 1066. Il le fit avec le consentement des représen­tants de la noblesse, du clergé et de la bourgeoisie, lesquels obte­naient de nouveaux droits poli­tiques en échange de leur écot.
Avec la victoire de Bouvines (27 juillet 1214), considérée comme la première victoire nationale, Philippe-Auguste (3) recon­quiert la presque la totalité des terres soumises aux Anglais. Il dispose alors de 40 000 fantassins et 20 000 cavaliers sans compter la deuxième armée conduite par son fils dans le Poitou.
Les premières troupes à monter à l’assaut sont les ribauds, sortes d’enfants per­dus, joints aux sergents d’armes roturiers ; ils constituent l’infanterie d’élite organisée en archers…(Bulletin 1er semestre 2002 N° 42)

(1) Bulletin n° 39, 2e semestre 2000.
(2) La saguette a un fer plat, celui du carreau est quadrangulaire quant au vireton son empennage à lames obliques imprime un mouvement rotatif au trait.
(3) Paris 1165-Mantes 1223, roi de France 1180-1223.